Le centre de formation et d’insertion professionnelle des Filles de la Charité, dans l’État d’Akwa Ibom au Nigeria, accueille des personnes handicapées ou marginalisées. Les sœurs recherchent sans cesse des moyens pour continuer leur mission et leur permettre d’acquérir une autonomie durable. Le projet « La ronde des cochons » consistait à construire une ferme porcine.

La construction de la ferme porcine s’est déroulée en plusieurs étapes :
- le défrichage de la parcelle de terrain et le retrait de toutes les souches d’arbres
- les achats de tous les matériaux de construction
- le moulage des blocs de béton pour l’édification des murs
- les relevés topographiques, le tracé et le creusement des tranchées pour le coulage des fondations en béton
- l’élévation des murs principaux et la pose de la toiture pour sécuriser l’enclos.

La réalisation de cet élevage porcin a connu des difficultés. Une forte inflation soudaine a fait grimper les coûts des matériaux de construction et des porcelets. Ces contraintes de financement ont entraîné des retards dans la réalisation du projet. De plus, Il y a eu une pénurie d’aliments pour animaux de haute qualité dans la région, avec aussi des hausses de prix exorbitantes.

Sr Emerechi explique comment ils ont atténué ces facteurs :
« Nous avons donné la priorité aux éléments d’infrastructure essentiels pendant la phase de construction des enclos afin d’optimiser l’allocation des ressources.
Pour maîtriser les coûts de main-d’œuvre, nous avons mobilisé une dizaine de membres de la communauté pour la phase de construction, puis nous sommes passés à une structure composée de cinq employés permanents. Nous avons limité la hausse des coûts d’alimentation en intégrant des substituts et des compléments alimentaires alternatifs. »

À ce jour, la construction, l’entretien quotidien et la gestion de la ferme porcine a permis de venir en aide à 37 personnes au total, dont 25 bénéficiaires directs et 12 bénéficiaires indirects.

Le projet génère des revenus stables pour les 25 bénéficiaires, dont un ancien détenu.
Cinq bénéficiaires ont suivi une formation technique complète en élevage porcin moderne : compétences spécialisées en matière d’hygiène des enclos, de techniques d’alimentation et de tenue des registres. Ils ont aussi acquis des compétences essentielles à la vie quotidienne, notamment : le sens du devoir quotidien, la promotion d’un travail d’équipe harmonieux et d’une résolution collaborative des problèmes

L’initiative a permis de transformer avec succès des personnes vulnérables et sans emploi en travailleurs qualifiés et autonomes, de leur redonner dignité, discipline et espoir. Les membres de la communauté les considèrent désormais comme des travailleurs productifs et des formateurs compétents plutôt que comme des personnes vulnérables.
Un ancien détenu a été réinséré avec succès dans la société. Sr Emerechi nous livre ce témoignage :
« Père de six enfants et récemment sorti de prison, M. U. F. était confronté à une forte stigmatisation, à l’absence de revenus stables et à un risque élevé de récidive. Sa vie a pris un tournant décisif lorsqu’il est devenu l’un des principaux bénéficiaires du projet d’élevage porcin. Il a participé activement à la construction et à la gestion de l’exploitation, où il perçoit désormais une rémunération mensuelle régulière. Il est passé d’un revenu initial de 0 à un revenu stable.
Aujourd’hui, il est pleinement réinséré et optimiste pour l’avenir. Il nous a confié : "Après ma sortie de prison, personne ne voulait m’embaucher. L’élevage porcin m’a sauvé. Je peux désormais subvenir aux besoins de ma famille et j’ai retrouvé mon estime de moi." »
À 12 mois, avec un élevage initial de six porcs, le projet devrait permettre d’obtenir au moins 60 à 70 porcelets sur deux cycles de mise bas.
Grâce à l’expansion de l’exploitation, l’emploi direct devrait doubler, passant de cinq à dix personnes actives.
Afin de favoriser l’entrepreneuriat local, le projet fournira des porcelets à au moins cinq bénéficiaires indépendants, leur permettant ainsi de créer leurs propres exploitations agricoles.

« Le projet est conçu de manière à être entièrement autonome sur le plan financier. Les recettes générées par les ventes sur le marché seront directement réinvesties dans les frais de fonctionnement de la ferme, son entretien courant et les rémunérations mensuelles de nos employés. Cela garantit une indépendance à long terme vis-à-vis d’un financement externe continu.
Nous adressons nos plus sincères remerciements aux donateurs dont le soutien essentiel a permis de concrétiser cette vision. Cette initiative a profondément transformé le destin de nos bénéficiaires. Nous sommes convaincus de pouvoir étendre ce modèle afin de multiplier notre impact et d’améliorer encore davantage la vie de nombreuses personnes. » Sr Emerechi