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La condition féminine en Asie

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28 décembre 2016 Asie Chine Inde Papouasie Projets-Rosalie Femmes

Le manque de femmes, les abus sexuels et les crimes non punis

Le manque de femmes

En Chine, la préférence pour les garçons repose depuis des siècles sur des valeurs patriarcales semblables à celles de l’Inde. Les garçons sont censés perpétuer la lignée et le patrimoine, assurer les vieux jours des parents et le culte des ancêtres. Ainsi, la naissance d’une fille n’est pas la bienvenue. Dans le passé, l’infanticide des filles, pratiqué dans un contexte de fécondité élevée et de pauvreté massive avait provoqué un excédent de garçons (années 30-40). Mais en 1980, deux facteurs ont ouvert la voie de la sélection des naissances au profit des garçons : l’arrivée de l’échographie (utilisée avec l’avortement) et la mise en place par le pouvoir de la politique de l’enfant unique. Cette politique s’est fortement durcie après 1979, avec la surveillance des grossesses et les avortements forcés. Les couples ont donc rapidement traduit « enfant unique » par « garçon unique ». Car ne pas avoir de fils reste une infortune en Chine. Aujourd’hui, il y a plus d’1,3 milliards d’habitants en Chine et le déficit des femmes est estimé de 30 à 60 millions toutes générations confondues (en comptant les filles non déclarées à la naissance et mortes clandestinement en bas âge).

« 90 % des enfants abandonnés en Inde sont de sexe féminin »

Dans certaines régions, le manque de jeunes filles commence à provoquer des difficultés parmi les familles qui souhaitent marier leurs fils. La famille de Gyan Singh est presque une caricature : ce fermier vit dans le hameau de Manupur (Pundjab) avec ses quatre fils de 32, 30, 28 et 26 ans. Tous célibataires, comme leur oncle de 57 ans. Toutes les tentatives de Gyan Singh pour marier ses fils ont échoué : dans ce district, il ne naît que 75 filles pour 100 garçons.

En 2008, le gouvernement indien décida de verser une aide financière aux familles pour les inciter à garder leurs bébés filles et limiter le nombre d’infanticides et d’avortements sélectifs.

 

Les femmes sexuellement agressées et violentées

Sur les 10 000 hommes de la zone Asie-Pacifique (Bangladesh, Cambodge, Chine, Indonésie, Papouasie-Nouvelle-Guinée et Sri Lanka) interrogés par l’ONU, 11% ont reconnu avoir déjà violé une femme au moins une fois. Pire, 45% d’entre eux ont même déclaré avoir violé plus d’une femme dans leur vie.

En Papouasie-Nouvelle Guinée, le taux de violence envers les femmes est l’un des plus élevés au monde avec 59% des hommes reconnaissant avoir déjà violé leur épouse ou leur petite amie.

Et en effet, quand on les interroge sur les raisons qui les ont poussés à commettre ce geste, les réponses sont impensables : trois quart des violeurs déclarés disent avoir forcé une femme parce qu’elle « leur faisait envie » ou parce qu'ils « voulaient coucher », 59% souhaitaient se divertir et 38% voulaient punir leur victime. De plus, la majorité des hommes interrogés déclarent ne pas avoir été inquiétés par la justice. Près de la moitié d’entre eux, étaient, par ailleurs, adolescents au moment des faits (12% avaient même moins de 15 ans).

 

Les femmes assassinées

Chaque année, des milliers de femmes dans le monde sont torturées et tuées pour avoir désobéi à leur père, leur frère ou leur mari. Au Pakistan, une centaine de militantes féministes ont organisé, en mars 2001, une marche à travers le pays pour dénoncer ces « violences domestiques » et réclamer des moyens d’accès à la justice. En Inde, des milliers d’autres sont assassinées parce que leur dot se révèle insuffisamment rentable. Pourtant, le code pénal le définit comme un acte criminel (les meurtres sont majoritairement  des « accidents de cuisine » dus à l’explosion de fourneaux à pétrole touchant uniquement les mariées mais épargnant les belles-mères et les belles-sœurs).

Jordanie : un tiers des ados croient que les crimes d'honneur sont justifiés. Entre 15 à 20 femmes sont tuées chaque année par des membres de leur famille qui invoquent des raisons d'"honneur" notamment des relations sexuelles avant ou hors mariage, selon les autorités. Le meurtre est sanctionné par la peine de mort dans le royaume mais pour les crimes dits d'"honneur", les tribunaux font souvent preuve de clémence.

Crimes d’honneur ou crimes d’argent, ces meurtres bénéficient souvent d’un soutien tacite des populations, de la complicité de la police, et de la mansuétude des juges.

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