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Sans machine, il faut des bras et un peu d’imagination !

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30 septembre 2016 Madagascar Arbres fours constructions de fours

De l'utilité d'économiser le bois à Madagascar.

 

Madagascar est classé parmi les dix pays les plus pauvres du monde (PIB de 440$ par habitant) mais est aussi la cinquième plus grande île du monde. Sa population pluriculturelle est un bel exemple. Le climat est compliqué à Madagascar car il est découpé en 5 zones (mousson, tropical humide, des savanes, subtropical, subdésertique).

L'isolement biogéographique de Madagascar, la variété des climats et des reliefs ont favorisé le développement d'une faune et flore unique au monde. On découvre encore de nouvelles espèces dans le pays.

 

La déforestation à Madagascar :

Trois activités expliquent la déforestation : la culture sur brûlis, l’exploitation forestière, et la production de combustible et de charbon de bois pour les usages domestiques.

1) La culture sur brûlis appelée « tavy », est une composante importante de l’agriculture et de l’économie malgache. Le tavy est surtout utilisé pour convertir la forêt tropicale en rizières. Par exemple, on coupe un ou deux acres de forêts, on les brûle, puis on y plante du riz. Après 2 ans de production, la parcelle est laissée au repos pendant 4 à 6 ans, puis on répète le procédé. Le problème est qu’au bout de 2 cycles, les nutriments du sol sont épuisés et la terre est envahie par des broussailles ou de l’herbe. La nouvelle végétation est insuffisante ce qui provoque des glissements de terrains.

Malheureusement, pour les Malgaches le « tavy » est le meilleur moyen de subvenir à leurs besoins. Ainsi, ils n’ont d’autres solutions que de continuer à bruler la forêt.

2) L’exploitation forestière est un problème dans les forêts tropicales. À cause de la grande valeur du bois (l’ébène et le bois de rose  peuvent atteindre 1 500 € la tonne sur le marché international), l’exploitation illégale est un problème dans certaines zones protégées.


3) Le combustible et la production de charbon de bois. Les forêts épineuses endémiques sont coupées à un taux alarmant pour produire du charbon de bois. Pour augmenter leur niveau de vie en vendant de petits tas de charbon de bois le long des routes, les locaux se tournent souvent vers les espèces d’arbres les plus répandues, comme l’arbre d’Alluaudia.

 

Une mauvaise récolte

Malgré les différents climats présents sur l’île, Madagascar souffre d’une sécheresse qui sévit depuis décembre 2014. Dans beaucoup de zone, la plantation n’est plus qu’une vaste surface désertique. Ainsi, dans les régions du Sud, les récoltes sont faibles et ne permettent pas de nourrir la population. Les régions qui ont une mousson ne produisent pas assez pour tout le pays.

Il y a donc cette année encore une vulnérabilité alimentaire forte et une présence de famine. Certains malgaches adultes et enfants ne mangent qu’une fois par jour.
La Communauté des Filles de la Charité présente sur place dirige de nombreuses écoles avec des cantines scolaires permettant à des milliers d’enfants de bénéficier d’un repas quotidien. Depuis le début de la famine, elles ont réussi grâce à des dons à acheter de la nourriture afin de la distribuer aux familles les plus vulnérables.

 

Notre objectif

Les Filles de la Charité sont très présentent dans le pays. Elles ont déjà réalisé de nombreuses actions qui ont permis à des villages d’évoluer. Pendant que les hommes cultivent les terres, les femmes des villages les plus pauvres vont chercher du bois et de l’eau afin de pouvoir cuisiner un repas. Cependant, l’eau se trouve parfois à des kilomètres de leur village et à force de couper du bois, il n’y en a plus.

Ainsi, nous avons déjà réalisé des projets de reboisement et de constructions de puits. Pour continuer à aider au mieux les villageois, nous avons un dernier projet qui est la construction de fours économes. Cela permettra une économie du bois (moins de déforestation) mais aussi de sauver la vie des femmes qui par inhalation de la fumée tombent très souvent malades (bronchites, asthme, trachéite, conjonctivite).

C’est alors que nous avons fait appel à Monsieur Alain Guillez, un éducateur retraité spécialisé en fumisterie et maçonnerie traditionnelle. Cet homme a formé et appris aux hommes du village à construire trois types de fours.

     - Des fours de campagnes qui seront bénéfiques aux plus pauvres car ils sont très simples à construire et nécessitent très peu de matériel.

     - Des fours à deux entrées qui sont un peu plus élaborés mais plus difficiles à construire.

     - Des fours à pain qui permettent de conserver un maximum de chaleur.

Pour réaliser ces fours, aucune machine et aucun matériel n’a été commandé. Chacun de ces fours est réalisé avec les moyens du bord. Seule une formation est nécessaire afin que les villageois puissent au départ d’Alain continuer la construction des fours pour eux, mais aussi pour d’autres villages.

 

Afin de mieux comprendre les avantages de ces fours, nous avons posé quelques questions à Alain

(PR) Ces constructions sont-elles durables ? Quels matériaux utilisez-vous ?

Oui ces constructions sont durables dans le long terme car elles sont faites uniquement avec les moyens matériels du bord (argile sable cendre de bois, de cysale, paille de riz, pierre de basalte, granit, pierre latéritique, pierre de calcaire dur, briques de terre cuite, briques à daubes. La formation des villageois sur place, leur permettra de construire, mais aussi de réparer les fours.

Tout ce qui a été construit ailleurs (Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Vietnam) résiste très bien à la chaleur.

Mon inspiration me permet de me servir de tout ce qui m’entoure sur le terrain et de l’employer pour les plus démunis. C’est génial, il suffit d’ouvrir les yeux et on s’aperçoit que tout est à côté ou presque de la maison. De plus, l’entretien ne demande aucun frais ce qui est parfait pour les petits de ce monde.

 

(PR) Combien de temps faut-il pour construire un four ?

Il faut entre 24 et 48h pour construire un four à deux entrées avec 5 personnes. Il y a un temps d’attente de 3 jours avant utilisation car les matériaux doivent se reposer. Le premier jour, il faut faire un feu doux avec un allumage progressif pour ne pas créer une surchauffe.

 

(PR) Avec quoi les fours fonctionnent- ils (pour créer de la chaleur : bois, terre, argile, paille …) ?

Les fours fonctionnent avec de la paille de riz ou de maïs, des brindilles de bois, de la sciure, des copeaux, des boulettes de terre rouge ou encore des feuilles d’eucalyptus compressées avec les mains en y ajoutant de l’eau pour donner une forme ronde et laisser sécher.

 

Grâce aux compétences d’Alain, les villageois pourront gagner de l’argent en construisant des fours pour d’autres villages et ainsi nourrir leur famille. La déforestation sera moins importante, et les maladies moins présentent. Aidez-nous à poursuivre nos actions : www.projets-rosalie.com/fr/projects/construction-de-fours-economes !

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