" Il faut vivre "

Les Filles de la Charité près du front en Ukraine
7 juillet 2022
Sœur Magdalena et Sœur Marta
Actualités

Le temps de la guerre continue...

Ici, dans la région d'Odessa, nous ressentons son horreur. Les lieux stratégiques sont détruits, mais pas seulement. Dans notre région, des bâtiments résidentiels ont aussi été détruits. Nous avons rendu visite à ces familles et nous avons vu leur immense douleur de perdre en un instant ce qu’ils avaient mis des années à construire grâce à de grand efforts. Notre expérience, notre compassion pour ces gens simples qui ont échappé à la mort, nous ont poussés à agir. Nous avons organisé une collecte de fonds pour reconstruire le logement d’une première famille et rendre le bâtiment habitable. Aujourd'hui, le toit est rénové et de nouvelles fenêtres et portes ont été installées. Les travaux se poursuivent.

Nous avons rencontré des personnes d'une grande foi et d'une grande humilité en même temps. Face à une telle tragédie, ils ont su rester calmes et reconnaissants à Dieu pour la vie.

Notre ministère quotidien de Filles de la Charité continue. De nouvelles personnes arrivent chaque jour, de plus en plus nombreuses, et cherchent refuge à Odessa. Il s'agit de personnes originaires des zones assiégées. Il y en a de plus en plus. Réfugiés, ils viennent tous les jours pour l'aide humanitaire... il faut vivre !

Chaque semaine, nous allons avec l’association Depaul à l'extérieur de Nikolai, dans des villages libres. Là, nous apportons une aide alimentaire nécessaire aux personnes restées sur place, principalement des personnes âgées, handicapés, malades... Nous apportons des vêtements et des médicaments et nous assurons également des envois plus importants de chaussettes et de sous-vêtements pour les soldats dans l’impossibilité de nettoyer leur linge au front.

Hier, le dernier jour du mois de mai, nous avons atteint un village où les gens attendaient de l'aide. Les bénévoles Depaul ont distribué de la nourriture et nous avons eu l'occasion de rencontrer ces personnes éprouvées par la guerre. Leur désir de parler... de partager... nous confirme que "être ici et maintenant" est nécessaire.

Nous avons visité un hôpital à Bashtanka récemment bombardé. Plusieurs bâtiments ont été complètement détruits, dans d'autres, toutes les (331) fenêtres et portes ont été soufflées. .... C'est un hôpital de district qui reçoit également des soldats blessés, car le front est à 50 km. Malgré les conditions, les malades sont soignés, y compris les soldats. Les fenêtres ont été sécurisées avec du film épais, ou du contreplaqué. La mise en sécurité des installations est en cours. La détermination du personnel à chercher de l'aide étonne et émeut.

Nous savons que rien ne remplit plus le cœur que la grâce, à l'endroit et au moment que le Seigneur a préparé.

Chacun d'entre nous se remplit de Sa grâce pour la communiquer, et c’est pour nous une expérience de la réalisation de Sa volonté. Être avec les gens indépendamment de la peur, car c'est Lui qui apporte réconfort et tendresse.

Du fond du cœur, nous vous remercions pour vos prières qui nous guide, nous fortifie et nous soutient.

Extrait d'une lettre des Sœurs d'Odessa datée du 01-06-2022.