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Les parents du marais - We did it !

Un projet agricole pour des familles de pygmées chassées de leur territoire
16 février 2021
Soeur Suzanne Iloko Loali
We did it

Sœur Suzanne Iloko Loali avait présenté ce projet dans le but de venir en aide aux populations pygmées, principales victimes des ravages de la déforestation au Congo. Chassés de leurs propres terres et privés de ressources, ils sont obligés de se sédentariser, interdits d’exercer leur droit d’usage des forêts et errant parfois sans ressources le long des routes.

La communauté des Filles de la Charité a décidé d'utiliser un de ses terrain de 3ha½ pour initier un programme de culture de riz de marais raisonné et ainsi donner la possibilité à 12 familles pygmées de l’exploiter pour en vivre.

Après avoir reçu les fonds, Sœur Suzanne la porteuse de projet a pu acheter tout le matériel agricole (les brouettes, les charrettes, outils) et le début de la formation a commencé pour initier les volontaires à ces nouvelles techniques agricoles.

Elle raconte:

Efelo; Ikoloto, Boika, Makolo, Boyeli; Bongongo; Baleke; Mopao; Nzee et Maulu, ont d’abord appris à labourer et préparer le terrain. Puis nous leur avons montré comment repiquer des plantules de riz afin d’obtenir une récolte suffisante tout en respectant le sol pour les saisons suivantes. Un local a aussi été construit pour le stockage du riz.

Après le séchage, le battage sur le sol permet d’obtenir les grains qui sont ensuite « vannés », c’est-à-dire versés dans des corbeilles plates d'où ils sont lancés en l’air, pour que le vent emporte la glume.

Les pygmées étant traditionnellement un peuple nomade de chasseurs-cueilleurs-pêcheurs, reconnus comme de fins connaisseurs de la forêt, cette nouvelle formation a été rapidement mise à profit pour produire leur riz, le vendre et en vivre.

Ces hommes sont très heureux de pouvoir désormais subvenir aux besoins de leurs familles tout en sachant que leurs terres resteront fertiles. 

« Je suis Monsieur Bongongo; l’un des bénéficiaires de projet initié par les Sœurs des Filles de la Charité et particulièrement Sœur Suzanne Iloko. D’abord, je dis merci à la Sœur responsable de cette initiative qui nous a permis de travailler dans des conditions très agréables. Ce projet a beaucoup de signification pour moi et ma famille et j’espère que cela ne sera pas la dernière. Depuis qu’il a été lancé, je connais au moins une stabilité dans ma famille et j’ai du travail à temps plein grâce aux Sœurs.

Je ne peux en aucun cas terminer mon témoignage sans remercier les personnes de bonne foi qui ont pensé à nous ; qu’ils aient toujours des oreilles attentives à nos cris d’alarme. En tant que peuples autochtones, nous sommes souvent négligés et c’est difficile de trouver de l’aide. Sans flatterie, ce financement a un impact positif pour ma famille. »

Le carburant acheté nous facilite beaucoup la tâche. Présentement, nous disposons d’un stock de 20 sacs de riz paddy (non décortiqué) dans local de stockage et bientôt nous procèderons à la vente de ces sacs en attendant la prochaine moisson.

Ce projet a apporté une stabilité aux familles bénéficiaires ; comme vous pouvez le voir à travers la joie sur leurs visages. Rester sans emploi est une situation compliquée pour n’importe quel père de famille. 

Il a bénéficié directement à 12 hommes et leurs familles. La communauté des Filles de la Charité souhaite élargir ce projet autosuffisant et pérenne à d’autres bénéficiaires dés que possible.

Je vous suis tellement reconnaissante pour votre grand engagement à nos côtés spécialement, en ce temps de grande crise mondiale. Malgré toutes les contraintes liées à cette période, vous avez travaillé à nos côtés pour le bénéfice de nos frères et sœurs les pauvres ! Que le Seigneur vous bénisse.

Nous continuons à implorer Dieu qu'Il veuille bien guérir le monde de cette méchante pandémie.

Encore une fois, sincères remerciements.