À Koussieh, en Haute-Égypte, dans un quartier marqué par la pauvreté, le manque d’éducation, la violence, la drogue, les Filles de la Charité accueillent depuis près de 50 ans les enfants les plus fragiles et démunis.
Le projet « Des sourires à Koussieh » visait à prendre soin des enfants accueillis au programme « Better Life » et au Jardin d’enfants, en offrant des repas.

Dès janvier 2026, la communauté a pu répondre à l’urgence du moment : nourrir 168 enfants âgés de 3 à 12 ans. Toute la somme reçue a servi pour les repas pendant 3 mois.
75 tout-petits de 3 à 6 ans sont accueillis au jardin d’enfants de Zarabie, un quartier très pauvre. Dans ce cadre stable, ils reçoivent un enseignement et un repas chaque jour : un déjeuner chaud (composé de viande, légume, féculents, fruits) 3 jours par semaine, et une collation 2 jours par semaine.

93 autres enfants de 7 à 12 ans participent au programme « Better Life », dont le nom a été choisi pour illustrer l’objectif de leur fournir une vie meilleure. Les sœurs et les éducateurs proposent un accompagnement scolaire et humain à ces enfants de la rue, après leur entrée à l’école. Ils bénéficient aussi d'un repas quotidien (viande, légume, féculents, fruits), et d’un petit déjeuner ou d’un goûter 4 jours par semaine.

Les sœurs reçoivent régulièrement des vêtements de seconde main qui sont offerts aux enfants.

Le jeune M., 12 ans, est turbulent. Sa mère mendie pour avoir quelque chose à manger, son père manque d’attention pour ses enfants, tous deux souffrent d’un trouble psychique et autistique. M. avait du mal à parler, à suivre en classe, à se faire des amis.
Petit à petit, il mange maintenant correctement tous les jours, et avec du soutien scolaire, des mots doux et une écoute patiente, il a repris confiance, il s’exprime mieux, il canalise son énergie : il progresse, sa vie change peu à peu.
Sa mère participe aux rencontres des mères pour les aider dans l’éducation, et leur relation évolue en bien.
Car depuis l’automne dernier, des psychologues, éducateurs, bénévoles viennent épauler les sœurs sur l’éducation, la santé, la vie de famille. Et les résultats sont concrets : des mères plus attentives, des foyers un peu plus apaisés, et même des petites aides matérielles entre elles qui changent le quotidien.

Chaque année, plus de 40 000 repas ou collations sont servis : petits déjeuners, déjeuners chauds, goûters. Le projet a permis de procurer des repas pour 3 mois, soit environ 10.000 repas. Des chiffres qui parlent et qui signifient surtout des enfants qui mangent régulièrement, des ventres remplis, des sourires au moment du repas, des enfants en bonne santé qui grandissent normalement et qui peuvent progresser à l’école grâce au soutien scolaire et à l’attention des professeurs qui sont à leur disposition.

Certes, le projet n’est pas encore autosuffisant. Il faut trouver sans cesse l'argent pour nourrir gratuitement les enfants ; et les travaux de réparation de la maison (escaliers, murs extérieurs, etc.) n’ont pas pu être engagés faute de fonds suffisants. Mais les sœurs restent confiantes.
« Les enfants eux-mêmes appellent cet endroit "leur maison". C’est un lieu où ils se sentent en sécurité, aimés, écoutés. Ce projet témoigne d’une réalité simple et puissante : avec de l’amour, de la persévérance et un peu d’aide, des sourires renaissent à Koussieh, là où tout semble perdu. » Sr Nada