Depuis 1927, les Filles de la Charité ont établi une forte présence en Éthiopie. À Addis-Abeba, la capitale, modernité et précarité coexistent. La ville se développe rapidement, mais 80% de la population continue de vivre dans des conditions insalubres avec des revenus très faibles et un accès limité aux services essentiels.
En Éthiopie, la déficience visuelle et la cécité touchent des millions de personnes. Ce sont des problèmes de santé publique importants. Les principales causes de cécité sont la cataracte et le trachome oculaire (maladie infectieuse causée par une bactérie).
Pour les personnes malvoyantes, chaque jour est un défi : accès à l’éducation compliqué, matériel spécialisé coûteux, opportunités professionnelles rares, logement inaccessible. Beaucoup de personnes motivées et capables se retrouvent enfermés dans un cercle de pauvreté, non pas par manque de volonté, mais faute d’aides et de ressources.
Les sœurs souhaitent aider concrètement trois personnes malvoyantes à retrouver leur autonomie, surmonter la pauvreté et mener une vie indépendante.
Reconstruire sa vie après avoir tout perdu
Getachew, 37 ans, était technicien informatique dans une société minière depuis 14 ans. Il menait une vie stable avec sa femme et sa petite fille.
Tout a basculé il y a 3 ans : une opération des yeux suite à un glaucome lui a fait perdre complétement la vue. Du jour au lendemain, il ne pouvait plus travailler. Il a dû réapprendre à vivre, à se déplacer.
Mais Getachew refuse d’abandonner. Il a appris le braille et aujourd’hui, il a repris des études en cours du soir avec un objectif clair : devenir professeur d’informatique pour les aveugles et malvoyants.
Cependant, il n’a pas les moyens de payer ses frais de scolarité, ni ses fournitures, ni son enregistreur audio. Il a déjà du mal à payer son loyer, sa femme travaille comme journalière. Sans aide, son parcours s’arrêtera.
Une mère étudiante qui se bat pour sortir sa famille de la précarité
Zeyneba, 38 ans, est mère de 4 enfants (18, 15, 11 et 8 ans). Elle et son mari sont tous les deux malvoyants. Pour survivre, ils vendent des billets de loterie dans la rue.
Le week-end, Zeyneba suit assidûment des cours à l’université pour devenir enseignante. Elle avance bien. Mais les frais de scolarité pour cette formation sont énormes pour elle.
Avoir un toit mais risquer de le perdre
Yergedu, 33 ans, est célibataire. Elle a eu une chance rare à la loterie d’un programme public de construction : elle a gagné la possibilité de devenir propriétaire d’un studio, au rez-de-chaussée d’un petit immeuble en copropriété. Elle a versé une première somme de 10% grâce à l’aide de personnes de son entourage. Elle doit maintenant rembourser les 90% et les intérêts bancaires pour devenir totalement propriétaire.
Mais cette chance est fragile.
Faute de revenus, elle a dû louer son studio : elle utilise le loyer pour rembourser les intérêts et très peu des mensualités, et louer un logement insalubre et non adapté à son handicap. Sa dette s’accumule et elle risque de perdre définitivement son logement.
Yergedu suit actuellement les cours de pédagogie pour devenir professeure d’amharique et passera son examen final en juin pour être diplômée.
« Nous rendons régulièrement visite à ces personnes malvoyantes et leur famille, et nous leur offrons un soutien moral et des conseils pratiques pour surmonter leurs difficultés quotidiennes. Mais ces 3 personnes malvoyantes ont besoin d’une aide financière décisive. » Sr Felekech
Le projet vise à :
- financer les études de Getachew pour qu’il devienne professeur d’informatique pour les aveugles ; il retrouvera une autonomie durable, et aidera à son tour les autres
- financer la formation de Zeyneba pour qu'elle termine ses études et obtienne son diplôme d’enseignante ; elle travaillera et pourra sortir sa famille de la précarité
- aider Yergedu à régler le solde de sa dette pour lui permettre de conserver son studio, et vivre dans un environnement digne et sûr ; elle pourra enseigner sereinement et devenir autonome financièrement.
Le projet aura un effet direct, concret et mesurable.
« Merci de donner à ces 3 personnes malvoyantes une chance d’étudier pour travailler et une chance de vivre en sécurité. » Sr Felekech
En cas de financement du projet au-delà de l'objectif, le surplus des dons reçus sera affecté à un projet similaire.
Je m'appelle Sœur Felekech Bezabih et je suis Fille de la Charité depuis 1993. Je suis titulaire d'une licence en sociologie et d'une maîtrise en travail social.
De 1995 à 2002, j'ai travaillé comme enseignante à l'école St. Mary tout en poursuivant mes études à temps partiel.
En 2003 et 2004, j'étais étudiante à temps plein et j’ai terminé mon premier diplôme. Entre 2005 et 2006, j'ai travaillé dans le cadre du projet de développement urbain de notre capitale Addis-Abeba, où j'ai visité des foyers et soutenu des mères et des jeunes par le biais d'une formation professionnelle et d'activités génératrices de revenus.
De 2007 à 2012, j'ai servi comme sœur servante, responsable de clinique et coordinatrice du développement des femmes à Alecu, Dembidollo, Wollega Ouest.
Depuis 2012, je suis secrétaire de la Province d’Éthiopie. De 2012 à 2024, j'ai aussi été la sœur servante de la maison provinciale. Depuis 2015, je suis également coordinatrice provinciale des projets de l'International Project Service et des Projets Rosalie.