Des lendemains qui chantent - We Did It

Soutenir l’éducation des enfants et la santé des femmes pour un avenir meilleur au Liban
mardi 06 janvier 2026 00:00
Sister Rita El Khoury
We did it

Face à la crise profonde que traverse le Liban, les Filles de la Charité continuent d’apporter un soutien concret et durable à des populations particulièrement vulnérables. A Beyrouth, le projet « Des lendemains qui chantent » visait à agir pour l’éducation des enfants et la santé des femmes.

Pour lancer ce projet, les sœurs ont commencé par : 

- recruter deux enseignantes qualifiées et engagées, prêtes à accompagner les enfants avec patience et bienveillance 
- faire appel à un gynécologue afin de garantir un suivi médical professionnel et régulier pour les femmes bénéficiaires
- mettre à disposition des locaux dédiés à l’étude du soir et aux consultations médicales, des espaces où l’on peut apprendre, se soigner et se sentir en confiance.

Redonner aux enfants le goût d’apprendre

Répartis en deux groupes, 15 enfants participent à des séances d’étude du soir, cinq fois par semaine, sur une durée de neuf mois, correspondant à l’année scolaire (jusqu’en juin 2026). Dans cet espace calme et encadré, ils font leurs devoirs, posent leurs questions, renforcent les notions non acquises à l’école. Beaucoup sont arrivés découragés, persuadés qu’ils n’étaient « pas capables ». Peu à peu, leurs notes s’améliorent, leur regard sur eux-mêmes change, l’école cesse d’être une source d’angoisse, et surtout… ils reprennent confiance en eux.

Grâce au suivi régulier de l’assiduité et de l’évolution des résultats scolaires, de nombreux enfants ont connu une véritable métamorphose. 

Sr Rita raconte : « Un enfant de 8 ans en est un exemple bouleversant. En difficulté scolaire, isolé, souvent moqué par ses camarades, il vivait l’école comme une épreuve quotidienne. Après plusieurs mois dans le programme, ses progrès ont été remarquables. Un jour, il est venu dire simplement : « Merci parce que vous m’avez aidé. Maintenant je suis mieux à l’école et mes amis ne se moquent plus de moi. »

Prendre soin des femmes, prévenir plutôt que guérir

Le volet santé du projet concerne 50 femmes, chacune bénéficiant de trois consultations gynécologiques sur l'année, avec une attention particulière portée à l’écoute, à l’accompagnement et à la sensibilisation à la santé féminine. Si nécessaire, des examens complémentaires (mammographie, échographie) sont prescrits afin de favoriser le dépistage précoce et la prévention. Ces consultations ne sont pas seulement médicales : elles sont aussi des moments d’écoute, de respect et de réassurance, beaucoup de femmes témoignent d’un sentiment de sécurité et de soulagement pour leur santé.

Les consultations ont permis un suivi médical continu et un dépistage préventif adapté. Certaines ont découvert des tumeurs à un stade précoce, des diagnostics qui ont permis une prise en charge rapide et d’éviter des complications graves.

Difficultés rencontrées et adaptations

Travailler dans un contexte de crise implique de nombreux défis. Les sœurs doivent trouver des solutions.
La salle d’étude, touchée par des problèmes d’humidité, n’offrait pas de bonnes conditions aux enfants. Il a fallu la rénover en trouvant un financement complémentaire.
Les coûts des examens médicaux ont fortement augmenté, obligeant à réajuster le budget pour continuer à garantir les soins. D’autre part, en été, de nombreuses bénéficiaires quittent la région, entrainant une adaptation de la planification des consultations en fonction de leur retour durant l’hiver.

Un impact qui dépasse les bénéficiaires directs

« Mes enfants Hamdi et Jana sont très contents à l’étude. Les enseignantes travaillent du fond du cœur, et les services du centre sont excellents. Le niveau éducatif et intellectuel de mes enfants a progressé, surtout celui de mon enfant Hamdi à cause du suivi orthophonique.
Ils vont à l’étude plein d’énergie, enthousiastes à l’idée d’étudier car l’ambiance est chaleureuse et ils s’y sentent comme dans leur deuxième maison. Je remercie énormément les employés de l’étude et du centre, et particulièrement les donateurs. Notre situation familiale financière est difficile ; elle constitue un obstacle qui nous empêche de pouvoir offrir des leçons particulières privées à nos enfants, et l’étude a résolu ce problème. » 

Nazha, grand-mère de Celesty : « Elle fréquente l’étude depuis quatre ans. Tout se passe très bien : ses résultats scolaires sont excellents et elle progresse chaque année. Les enseignantes travaillent avec les élèves de manière méticuleuse et veillent à ce qu’aucun d’eux ne rentre chez lui sans avoir bien compris ses leçons. Pour ma part, je ne suis pas en mesure de l’aider dans ses études, et je suis profondément reconnaissante pour ce service. »

En plus des bénéficiaires directs (15 enfants et bientôt 30, et 50 femmes), l’impact du projet s’étend à leurs familles. Ce projet agit comme un véritable levier de résilience collective dans un contexte de crise profonde.

 

Les partenaires du projet