Collectif

Hommage aux morts de la rue avec Soeur Danièle

Hommage aux 569 morts de la rue en 2019 avec le Collectif Les Morts de la Rue
April 03, 2020
Soeur Danièle Kogèle
Actualité

Tous les ans, le Collectif Les Morts de la Rue rend hommage aux personnes décédées dans la rue pendant l'année passée.
Sœur Danièle Kogèle, Fille de la Charité particulièrement investie auprès de ces personnes exclues témoigne après l'hommage virtuel qui leur a été rendu ce 31 mars.

St Vincent parlait des « pauvres démunis de tout ».

Les personnes qui au 21ème siècle vivent, dorment et meurent à la rue, sont en situation de cumul de pauvretés : solitude, santé, argent, ruptures familiales, sans travail et surtout sans abri.

Le Collectif les Morts de la Rue ne prend pas seulement en charge les morts mais aussi les vivants. Nous luttons pour que l’accès au logement devienne une priorité pour les politiques, nous dénonçons les injustices sociales, le difficile accès aux soins pour les personnes qui n’ont pas leurs droits ouverts à la sécurité sociale.

Nous accompagnons les familles dont un proche était à la rue et qu’ils viennent de retrouver…en le perdant définitivement. Le deuil est encore plus difficile à faire dans ces conditions !

Enfin, nous essayons de recueillir des données « épidémiologiques » fiables afin de dénombrer de façon plus juste le nombre, les causes et l’accompagnement de ceux qui nous quittent et qui ont vécu à la rue.

Ce collectif est comme son nom l’indique un regroupement de plusieurs associations qui interviennent auprès des personnes de la rue en Ile de France. Je pense donc qu’il est efficace et reconnu des pouvoirs publics. Je représente pour ma part l’association « De Paul France » au sein de son Conseil d’Administration et de son bureau.

Depuis 15 ans, je donne du temps à ce collectif. J’ai beaucoup appris sur la vie à la rue, l’accompagnement des défunts… La dignité dont on peut faire preuve, dont font preuve les plus pauvres à l’égard de leurs morts.

En cette période de confinement dû au Coronavirus, je suis particulièrement touchée des messages que je reçois de mes amis de la rue. Je devrais m’inquiéter pour eux, et …. Ce sont eux qui s’inquiètent de moi. Je reçois des coups de fil, des textos, plus rarement des mails (les accès associatifs aux ordinateurs ne sont plus vraiment disponibles…)

« Comment vas-tu ? » « Ne fais pas d’imprudence ! » « Es-tu en bonne santé ? » « Prends soin de toi !» « Comment va la communauté ? »…

Souci permanent à mon égard, à l’égard de mes sœurs, et je découvre encore plus que nous avons tissé au fur et à mesure de nos insertions associatives, des liens de fraternité qui se manifestent sobrement mais intensément dans les moments graves.

Je garde le contact avec le Collectif les Morts de la Rue. Nous avons suivi l’évolution de cet hommage virtuel bien différent de d’habitude avant, pendant et après.

 

 

Après avoir vu et partagé ces 19 vidéos, je découvre le reflet d’un désir d’engagement que je ne soupçonnais pas.

« Avec mon mari, nous avons allumé une bougie et ensemble nous avons lu à haute voix la longue liste publiée par le journal La Croix »

« J’ai plus de 75 ans, et je ne peux plus me rendre comme bénévole dans l’association où je donnais de mon temps, mais j’ai lu lentement toute cette longue liste. J’ai pleuré. »

« En communauté, nous avons prié pour les morts, mais aussi pour tous les vivants qui aujourd’hui, sont confinés…à la rue ! »

« J’ai remercié dans mon cœur les maires et les chrétiens qui s’unissent pour que ça change »

 

En cette période troublée, en mémoire des disparus, rappelons nous de ces "pauvres démunis de tout"

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